La semaine du 28 septembre au 2 octobre 2026 a laissé un message inhabituel : les actions technologiques ont progressé, mais les obligations n’ont pas confirmé ce soulagement. Pour préparer la semaine suivante, l’enjeu est donc moins de trouver une direction commune que de comprendre pourquoi devises, taux, pétrole, or et crypto racontent des histoires différentes.

En bref

  • Le Nasdaq-100 a gagné sur la semaine, atteignant un nouveau record, alors que le rendement américain à dix ans terminait près de son niveau élevé, selon Nasdaq.
  • Le 2 octobre, le G7 a annoncé la libération de jusqu’à 100 millions de barils de pétrole et de gazole ; le Brent a néanmoins terminé à 102,25 dollars.
  • L’encours des contrats dérivés sur bitcoin a augmenté de 2,3 milliards de dollars depuis le 30 septembre, signe d’un retour des positions spéculatives avant l’emploi américain.

Actions et taux : pourquoi le soulagement reste incomplet

Le Nasdaq-100 a inscrit un record hebdomadaire sans obtenir une détente durable des taux longs américains. C’est la divergence centrale du bilan : les actions ont accueilli favorablement le recul du risque de resserrement monétaire, mais le marché obligataire est resté sous pression. Le bilan du Nasdaq Economic Institute rapporte une baisse des probabilités de hausse des taux de la Fed pendant la semaine.

Le ralentissement de l’emploi, l’inflation américaine moins forte qu’attendu et les propos prudents de responsables de la Fed expliquent cette réévaluation. Le PIB révisé en hausse a, parallèlement, préservé le récit d’une économie encore résistante. Les créations d’emplois non agricoles, dont l’impact mesuré figure dans cette fiche, ne résument donc pas seules la semaine.

PublicationPubliéPrévuPrécédent
PCE sous-jacent américain mensuel, 30 septembre0,2 %0,3 %0,2 %
PIB américain final trimestriel, 30 septembre2,2 %1,5 %1,5 %
Créations d’emplois américaines, 2 octobre29 00089 000162 000
Salaires horaires américains mensuels, 2 octobre0,1 %0,3 %0,3 %
Chômage américain, 2 octobre4,2 %4,1 %4,1 %

Source du tableau : calendrier interne fourni. Les valeurs « prévu » et « précédent » sont conservées telles quelles, indépendamment des consensus ou révisions mentionnés ailleurs.

La réaction obligataire de vendredi montre pourquoi cette nuance compte. Le rendement à dix ans est descendu à 5,15 %, puis remonté à 5,26 % dans le suivi intrajournalier de CoinDesk : une détente initiale, pas un changement durable confirmé.

Pour la suite : une poursuite de la hausse des indices accompagnée d’un reflux des taux raconterait une histoire différente d’une hausse des actions avec des rendements toujours tendus. C’est une grille de confirmation, pas une prévision.

Devises : l’euro ne bénéficie pas automatiquement de l’inflation

L’euro a reculé sur la semaine malgré une inflation européenne plus élevée, parce que les tensions financières et énergétiques ont pesé sur sa lecture. Selon le bilan EUR/USD de FXStreet, la paire a connu une nouvelle semaine de baisse, touchant un point bas, puis évoluant autour de niveaux plus élevés à l’approche du week-end. Ces observations ne constituent pas une cotation de clôture officielle.

L’estimation européenne du 2 octobre ressort à 3,8 %, contre 3,7 % attendu et 3,3 % précédemment dans le calendrier interne. L’inflation sous-jacente atteint 2,5 %, conformément aux attentes, après 2,4 %. La différence invite à regarder la composition des prix plutôt que le seul chiffre global.

FXStreet souligne l’importance de l’énergie et les inquiétudes entourant l’Europe. Une inflation plus élevée peut renforcer les anticipations de resserrement de la BCE, mais aussi fragiliser les perspectives économiques lorsqu’elle provient des coûts énergétiques. Cette seconde lecture aide à comprendre la faiblesse de l’euro.

Pour la suite : distinguez un rebond provoqué par la faiblesse générale du dollar d’un regain de confiance propre à l’Europe. Comparez notamment EUR/USD aux autres grandes paires et surveillez les écarts de rendement entre dettes européennes : ils peuvent éclairer un mouvement que la seule statistique d’inflation n’explique pas.

Terminal pétrolier européen au crépuscule, avec des réservoirs et un navire à quai.

Pétrole : les réserves stratégiques n’effacent pas la géopolitique

Le pétrole a limité son recul vendredi malgré l’annonce du G7, laissant subsister une prime liée aux tensions au Moyen-Orient. Le compte rendu du Parisien avec AFP donne une clôture du Brent pour livraison en décembre à 102,25 dollars, en baisse de 0,06 %, et du WTI de novembre à 91,11 dollars, en recul de 1,90 %.

L’annonce concerne jusqu’à 100 millions de barils, à libérer sur quatre mois. Elle vise notamment les tensions sur les carburants raffinés. Les négociations difficiles entre Washington et Téhéran ont toutefois empêché un apaisement complet des inquiétudes.

Pour la suite : séparez l’annonce politique de sa mise en œuvre. Les volumes effectivement disponibles, les produits concernés et les nouvelles géopolitiques comptent davantage qu’un titre rassurant. Le calendrier interne signale aussi les réunions OPEC-JMMC du 4 octobre ; aucun résultat n’est présumé ici.

Or : la valeur refuge reste sensible aux rendements

L’or a subi une forte pression en début de semaine avant de se stabiliser, partagé entre la hausse des rendements et la recherche de protection. Le bilan hebdomadaire de FXStreet décrit un rapprochement d’un seuil important lundi, puis une stabilisation dans la seconde partie de la semaine. Il ne s’agit pas ici d’une performance hebdomadaire calculée à partir de clôtures.

La hausse des taux a d’abord pesé sur le métal. Ensuite, la tension sur les marchés obligataires a aussi suscité une demande de protection. Ces mécanismes peuvent coexister : une obligation mieux rémunérée concurrence un actif sans rendement, tandis qu’une inquiétude sur la stabilité financière peut favoriser l’or.

FXStreet identifie un support intermédiaire et une zone de résistances. Ce sont des repères issus de son analyse, non des objectifs annoncés.

Pour la suite : formulez explicitement votre hypothèse. Un mouvement lié à la détente des taux n’appelle pas les mêmes confirmations qu’un mouvement de refuge. Observer l’or dans plusieurs devises peut aider à distinguer la force du métal de la faiblesse d’une monnaie.

Crypto : le rebond s’accompagne d’un retour du levier

Bitcoin a attiré de nouvelles positions spéculatives avant de rendre une partie de sa hausse après l’emploi américain. CoinDesk rapporte une progression de 2,3 milliards de dollars de l’encours des contrats dérivés depuis le 30 septembre. Cet encours mesure les contrats encore ouverts : il ne révèle pas, à lui seul, leur direction.

La hausse simultanée du prix et du coût de financement des positions acheteuses suggérait néanmoins un regain d’exposition haussière. Vendredi, bitcoin a dépassé 87 000 dollars après la publication américaine, puis est revenu vers 85 300 dollars dans le suivi de séance de CoinDesk. Là encore, ce sont des observations intrajournalières, pas une clôture du week-end.

L’actualité structurelle mérite aussi sa place : le 1er octobre, la SEC a proposé un cadre de conservation des cryptoactifs pour les conseillers en investissement et les fonds réglementés. Il s’agit d’une proposition, pas d’une règle déjà adoptée, ni d’une cause démontrée du rebond.

Pour la suite : distinguez la demande au comptant de l’expansion du levier. Une hausse alimentée par de nouveaux contrats devient plus exposée aux liquidations si le mouvement se retourne.

Quels tests préparer pour la semaine suivante ?

La semaine du 5 au 9 octobre permettra surtout de tester la cohérence entre activité, inflation anticipée et discours monétaire. Les rendez-vous ci-dessous proviennent du calendrier interne ; aucune prévision manquante n’a été complétée.

DateRendez-vousQuestion à préparer
5 octobreISM services américain ; précédent : 55,4L’activité confirme-t-elle la résistance économique ?
6 octobreIntervention du gouverneur UedaQuel message pour les anticipations monétaires japonaises ?
7 octobreCompte rendu de la FedQuels arguments éclairent les arbitrages monétaires ?
8 octobreIntervention de Bailey et inscriptions au chômage américainesLe discours et les données modifient-ils les anticipations ?
9 octobreEmploi canadien et enquête MichiganQue disent emploi et anticipations d’inflation ?

Pour les services américains, la fiche d’impact mesuré permet de préparer l’observation de la réaction plutôt que de supposer qu’une surprise produira toujours le même résultat.

L’idée clé de cette semaine : une même nouvelle peut soutenir les actions sans faire durablement baisser les taux, ni confirmer une hausse de l’or ou de bitcoin.

Dans votre revue, notez séparément le déclencheur, la première réaction et la tenue du mouvement en fin de séance. Le journal automatique d’Edgyx peut servir à comparer vos exécutions dans ces contextes divergents, sans transformer chaque variation en validation de votre scénario.

Ce qu’il faut retenir

Le principal enseignement est la divergence entre marchés, pas l’existence d’une tendance universelle. La préparation consiste à rechercher les confirmations manquantes.

  • Indices et taux : vérifier si le soulagement des actions trouve enfin un écho obligataire.
  • Devises : ne pas confondre inflation européenne élevée et soutien automatique à l’euro.
  • Pétrole : suivre la mise en œuvre des réserves et les nouvelles géopolitiques.
  • Or : distinguer détente monétaire et demande de refuge.
  • Crypto : examiner le levier derrière le rebond et séparer proposition réglementaire et adoption effective.