Vendredi soir, le Nasdaq 100 a clôturé octobre sur une chute de 3,46 % en une seule séance. Deux jours plus tôt, deux votants de la Fed réclamaient une hausse de taux, et la BCE apprenait qu'elle changerait de présidente en février. Toute la semaine, les banquiers centraux ont parlé de resserrement. Le marché obligataire, lui, a parié sur le ralentissement.
En bref
- Fed : taux inchangés le 28 octobre, borne haute à 4,00 %, mais deux votants voulaient déjà relever d'un quart de point.
- Nasdaq : le Nasdaq 100 a perdu 3,46 % vendredi, à 28 384,85 points, et le Nasdaq signe son pire mois depuis mars 2025.
- BCE : taux de dépôt maintenu à 2,5 % le 29 octobre, départ anticipé de Christine Lagarde en février, inflation de la zone euro attendue le 4 novembre.
La Fed marque une pause, pas ses faucons
Mercredi, la Réserve fédérale n'a pas bougé. Sans surprise : selon CNBC, le marché donnait moins de 10 % de chances à une hausse. Le vote, lui, en dit long. Deux des douze votants se sont opposés à la décision, et tous deux voulaient relever les taux d'un quart de point. Le communiqué juge l'inflation toujours élevée et veut davantage d'informations avant d'agir.
Les chiffres de jeudi n'ont pas aidé les colombes. Le PIB américain du troisième trimestre progresse de 3,4 % en rythme annualisé, contre 3,2 % prévu. L'indice des prix PCE hors alimentation et énergie gagne 0,3 % sur le mois, comme attendu (la réaction du marché, publication après publication). Les inscriptions hebdomadaires au chômage restent à 194 000, sous les 198 000 anticipées. En fin de semaine, Lorie Logan, présidente de la Fed de Dallas, a estimé qu'il faudrait encore au moins deux hausses d'un quart de point, rapporte investingLive.
Et pourtant, le rendement du 10 ans américain a reculé. Vendredi matin, il perdait 8 points de base, à 4,908 %, d'après la synthèse européenne d'investingLive. Quand la tech chute, les obligations redeviennent un refuge, quoi qu'en disent les faucons.
Les banquiers centraux parlent d'inflation. Les investisseurs, eux, achètent des obligations dès que la croissance vacille.
La Fed se réunira de nouveau les 8 et 9 décembre. Le compte rendu de la réunion d'octobre sera publié le 18 novembre, selon le calendrier de la Fed.

La BCE perd sa présidente, pas son dilemme
Jeudi, la BCE a maintenu son taux de refinancement à 2,65 % et son taux de dépôt à 2,5 %. Christine Lagarde a reconnu qu'une hausse avait été discutée. Mais la vraie nouvelle du jour était ailleurs : elle partira en février, neuf mois avant la fin de son mandat, rapporte The Irish Times. Isabel Schnabel rejoint le FMI en janvier, et le mandat de l'économiste en chef, Philip Lane, expire en mai. Trois sièges clés à pourvoir en quelques mois.
Le dilemme reste entier. D'un côté, l'inflation repart. En France, elle atteint 3,4 % sur un an en octobre, après 3,1 % en septembre, selon le Journal du Net, qui relève aussi un moral des ménages au plus bas depuis juin 2013. L'Italie affiche 5,4 % sur un an, contre 4,6 % attendu. De l'autre, la croissance cale. Le PIB français a reculé au troisième trimestre, d'après franceinfo. L'Allemagne sauve la mise avec +0,2 %, à rebours des attentes, et ses prix baissent de 0,2 % sur le mois.
Pour qui trade l'EUR/USD, l'équation de décembre est simple : une dernière hausse pour contenir les prix, ou une pause pour ménager une économie à l'arrêt ? Prochain indice : l'estimation rapide d'octobre, publiée par Eurostat le 4 novembre. En septembre, elle s'établissait à 3,8 %.
Nasdaq : la facture de l'IA tombe
Tout est parti d'Amazon. Ses résultats ont ravivé la crainte de dépenses sans fin dans l'intelligence artificielle, et la tech a plongé. Vendredi, le Nasdaq Composite a lâché 2,86 %, à 25 437 points. Le Nasdaq 100 a cédé 3,46 %, et le Nasdaq boucle octobre sur son pire mois depuis mars 2025.
Personne ne doute plus que l'IA fonctionne. Les investisseurs veulent savoir qui paie, et quand elle rapportera. Même le financement des futures introductions en Bourse inquiète : investingLive relaie une information du Financial Times selon laquelle Blackstone aurait prévenu Anthropic qu'il pourrait ne pas obtenir de note de crédit de qualité après son introduction en Bourse.
Apple, Palantir et AMD publient la semaine prochaine. Trois tests pour savoir si ce trou d'air reste une simple correction.
Pétrole ferme, or et bitcoin à la peine
Tous les refuges n'ont pas joué leur rôle. Vendredi matin, le WTI prenait 2,2 %, à 104,25 dollars, selon investingLive, malgré les espoirs de pourparlers de paix. La prime de risque géopolitique résiste. L'or, lui, perdait 1,2 %, à 3 971 dollars, et le bitcoin 1,8 %, à 77 448 dollars, toujours plombé par les doutes sur la sécurité de Binance.
Sur le marché des changes, le franc suisse et le yen menaient la danse, tandis que le dollar reculait avec les rendements américains. Quand la peur vient de la tech, l'argent file vers les devises refuges et les obligations, pas vers le métal jaune.
Huard, kiwi, aussie : chacun sa partition
Les devises liées aux matières premières ont vécu leur propre semaine. La Banque du Canada a relevé son taux de 2,25 % à 2,50 %. Deux jours plus tard, le PIB canadien d'août est ressorti stable, à 0,0 %, contre 0,2 % attendu. Une hausse de taux, puis une croissance nulle : le huard ne sait plus sur quel pied danser.
À Wellington, la RBNZ a laissé son taux à 2,75 %, quand le consensus tablait sur 3,00 %. En Australie, l'inflation grimpe à 4,3 % sur un an, contre 4,2 % prévu, et l'indice mensuel bondit de 0,8 %.
| Banque centrale | Date | Décision | Prévu | Précédent |
|---|---|---|---|---|
| RBNZ | 28 oct. | 2,75 % | 3,00 % | 2,75 % |
| Banque du Canada | 28 oct. | 2,50 % | 2,50 % | 2,25 % |
| Fed (borne haute) | 28 oct. | 4,00 % | 4,00 % | 4,00 % |
| BCE (refinancement) | 29 oct. | 2,65 % | 2,65 % | 2,65 % |
| Banque du Japon | 30 oct. | inchangé | inchangé | — |
La leçon de la RBNZ : quand une banque centrale déçoit les faucons, l'écart entre le prévu et le publié pèse plus lourd que la décision elle-même.
Semaine à venir : urnes, inflation, emploi
Trois rendez-vous à risque s'enchaînent. Mardi 3 novembre, les Américains votent pour les élections de mi-mandat. Mercredi 4, Eurostat publie l'inflation de la zone euro. Puis le rapport mensuel sur l'emploi américain dira si la Fed a raison de garder la hausse sur la table. Entre-temps, Apple, Palantir et AMD mettront à l'épreuve la patience des acheteurs de tech.
Une telle semaine élargit les écarts de cours et les mèches. Avant d'ouvrir une position, vérifiez l'heure des publications dans le calendrier économique Edgyx, qui mesure la réaction du marché à chacune. Puis adaptez votre taille à votre stop, pas l'inverse.
Le stop s'élargit, la taille diminue, et le risque en euros reste maîtrisé. Notez dans votre journal ce que vous faites les jours de publication : vous saurez vite si ces séances vous rapportent ou vous coûtent.
À retenir
- La Fed a fait une pause, mais deux votants voulaient déjà relever les taux. Prochaine réunion : les 8 et 9 décembre.
- La BCE maintient son taux de dépôt à 2,5 % et va bientôt changer d'équipe dirigeante. L'inflation d'octobre, publiée le 4 novembre, pèsera sur la décision de décembre.
- Le Nasdaq signe son pire mois depuis mars 2025. Les résultats d'Apple, Palantir et AMD diront si la correction s'étend.
- Le pétrole reste à un niveau élevé, tandis que l'or et le bitcoin reculent : les refuges ne se ressemblent plus.
- Élections, inflation européenne, emploi américain : réduisez la taille plutôt que de parier sur le résultat.





