Ce lundi, Wall Street ouvre normalement, mais le marché obligataire américain reste fermé pour Columbus Day. Tokyo et Toronto chôment aussi. La semaine démarre donc au ralenti, avant un mercredi où l'inflation américaine peut relancer, ou enterrer, l'idée d'une nouvelle hausse des taux de la Fed dès octobre.
En bref
- Mercredi 14 octobre à 14 h 30, le CPI américain de septembre est attendu à 3,6 % sur un an, après 3,4 %. L'indice hors énergie et alimentation sera scruté de près.
- Vendredi dernier, le Canada a détruit 68,3 k emplois, quand le consensus tablait sur 6,1 k créations. Tiff Macklem, gouverneur de la Banque du Canada, prend la parole deux fois cette semaine.
- Le 8 octobre, les contrats à terme ne donnaient qu'environ 19 % de chances à une hausse de 25 points de base lors du FOMC des 27 et 28 octobre.
L'inflation de base tranchera
Le chiffre global ne surprendra personne. Selon MUFG, cité par investingLive, la hausse de l'inflation depuis le début du conflit entre les États-Unis et l'Iran vient presque entièrement de l'énergie. Pétrole et anticipations de taux évoluent donc de concert.
Tout se jouera sur le reste du panier. Pour la banque japonaise, un CPI de base conforme au consensus laisserait le dollar et les rendements du Trésor dans leur fourchette actuelle. Un nouveau 0,3 %, comme en août, relancerait les paris sur une deuxième hausse consécutive et ferait grimper les taux courts.
Le nowcast de la Fed de Cleveland, mis à jour le 9 octobre, va dans le sens du consensus. Le calendrier économique Edgyx retient 0,6 % pour le chiffre global. Gardez en tête l'impact mesuré du CPI mensuel sur les paires en dollar.
Les ménages américains, eux, ne sont pas rassurés. Vendredi, l'indice de confiance de l'Université du Michigan est tombé à 46,3, contre 47,5 attendu. Leurs anticipations d'inflation sont montées à 4,7 %. Un consommateur morose qui s'attend à payer plus cher : voilà de quoi embarrasser une banque centrale.
Autre élément : Kevin Warsh a pris ses distances avec la forward guidance, ces signaux que la Fed envoie sur ses prochaines décisions. Lors de son discours de Jackson Hole, il a estimé que les marchés ne devaient pas attendre de la Fed leur prochain trade. Résultat : faute de boussole officielle, ce sont les statistiques qui parlent.
Quand la Fed ne dit plus où elle va, chaque publication devient un indice. Le marché réagit plus fort, et plus vite.

Le programme, jour par jour
Toutes les heures sont données à l'heure de Paris.
| Jour | Heure | Publication | Prévu | Précédent |
|---|---|---|---|---|
| Mer. 14 | 14 h 30 | CPI États-Unis, sur un an | 3,6 % | 3,4 % |
| Mer. 14 | 14 h 30 | CPI de base, sur un an | 2,5 % | 2,4 % |
| Jeu. 15 | 2 h 30 | Emploi Australie | 20,0 k | 39,5 k |
| Jeu. 15 | 8 h 00 | PIB Royaume-Uni, sur un mois | -0,1 % | — |
| Jeu. 15 | 14 h 30 | Ventes au détail États-Unis | 0,3 % | 1,2 % |
| Jeu. 15 | 14 h 30 | Ventes au détail hors automobile | 0,5 % | 1,4 % |
| Jeu. 15 | 14 h 30 | PPI, sur un mois | 0,5 % | — |
| Jeu. 15 | 14 h 30 | PPI de base, sur un mois | 0,3 % | — |
| Jeu. 15 | 14 h 30 | Philly Fed | 26,5 | 37,8 |
| Jeu. 15 | 14 h 30 | Inscriptions au chômage | 195 k | 197 k |
Lundi : marché clairsemé
Aucune statistique fédérale majeure aujourd'hui. Le danger vient d'ailleurs. investingLive rappelle qu'avec le marché obligataire fermé, Tokyo et le Canada en congé et des rendements au plus haut depuis 24 ans, le moindre titre sur l'Iran peut déclencher des mouvements excessifs. Le pétrole réagirait le premier, les obligations seulement mardi. L'or est repassé au-dessus de 4 200 dollars l'once en Asie, porté par l'espoir d'une trêve que le site juge fragile.
Mardi : les banques ouvrent le bal
JPMorgan et Goldman Sachs publient leurs résultats, suivies mercredi par Bank of America et Morgan Stanley. Pour les traders d'indices, c'est un premier test avant l'inflation.
Mercredi : place aux banquiers centraux
Christine Lagarde parle à 4 h 10 puis à 10 h 30. Andrew Bailey suit à 7 h 30, Tiff Macklem à 8 h 05. Puis tout s'arrête à 14 h 30 pour le CPI.
Jeudi : la journée la plus chargée
L'emploi australien ouvre la marche à 2 h 30, la même semaine que les minutes de la RBA. Martin Schlegel, président de la BNS, s'exprime à 6 h 30. À 8 h, le PIB britannique est attendu en recul de 0,1 % ; consultez la réaction mesurée au PIB britannique avant de prendre position sur la livre. Bailey reprend la parole à 9 h 30. À 14 h 30, six chiffres américains tombent en même temps. Des ventes au détail solides confirmeraient, selon MUFG, que l'économie encaisse le resserrement monétaire.
Vendredi : Warsh à l'aube
Bailey parle à 4 h, Warsh à 5 h 30, Macklem à 6 h 15. Le président de la Fed s'exprimera donc avant même l'ouverture de Londres. Pour MUFG, ses propos pourraient faire basculer les anticipations dans un sens comme dans l'autre avant le FOMC de fin octobre. Lundi prochain, place à l'inflation canadienne à 14 h 30, puis au CPI néo-zélandais à 23 h 45.
Les actifs en première ligne
- Dollar et EUR/USD. Le dollar index évoluait autour de 102 le 8 octobre, près de son plus haut de 18 mois. FXEmpire surveille la zone 1,11-1,12 sur l'euro-dollar.
- Or. Il suit les rendements réels. Un CPI de base plus fort que prévu le mettrait sous pression, tout comme une détente du pétrole.
- USD/CAD. Double épreuve : l'emploi canadien a lourdement déçu, Macklem parle deux fois et le CPI canadien tombe lundi.
- Livre sterling. Un PIB en recul et quatre interventions de Bailey en quatre jours : le GBP/USD peut bouger sur des mots autant que sur des chiffres.
- AUD/USD. Le chômage est attendu stable, mais la paire subira aussi le contrecoup du CPI de la veille.
- Indices américains. Résultats bancaires et inflation s'enchaînent en quarante-huit heures.
Votre plan avant mercredi
Écrivez deux scénarios avant 14 h 30, pas après. Retenez une seule variable décisive : le niveau du CPI de base. Pour chacun, notez la paire visée, le sens envisagé et le niveau qui invaliderait l'idée.
Laissez passer les premières minutes. Les spreads s'écartent, les mèches balaient les stops serrés. Si votre stratégie vous fait entrer près de l'annonce, élargissez le stop et réduisez la taille pour garder le même risque en euros. Vous tradez pour une prop firm ? Relisez son règlement : certaines interdisent d'ouvrir ou de clôturer une position autour des annonces à fort impact.
Un journal à la hauteur de la semaine
Une semaine pareille remplit vite un journal. Reste à y noter les bonnes informations. Étiquetez « news » chaque trade lié à une annonce. Relevez le spread à l'entrée et le glissement à la sortie. Recopiez le scénario écrit avant la publication, puis comparez-le à ce que vous avez réellement fait.
Au bout de quelques mois, la réponse s'impose : vos trades autour des annonces rapportent-ils de l'argent, frais réels déduits ? Si ce n'est pas le cas, la règle la plus rentable sera peut-être de rester à plat de 14 h 25 à 14 h 45. Le guide du journal de trading explique comment organiser ces étiquettes.
Sur Edgyx, le calendrier économique affiche l'impact mesuré de chaque publication, et le coach Ora rapproche vos trades des annonces pour isoler ce que vous gagnez, ou perdez, les jours de news.
À retenir
- Le CPI de base de mercredi donnera le ton de la semaine. Un 0,3 % relancerait l'hypothèse d'une hausse de la Fed en octobre.
- Jeudi concentre l'emploi australien, le PIB britannique et six chiffres américains à 14 h 30.
- Warsh parle vendredi à 5 h 30. Sans forward guidance, son ton sur l'inflation pèse plus que n'importe quel signal du calendrier.
- Lundi, la liquidité est faible : obligations américaines fermées, Tokyo et Canada en congé.
- Avant chaque annonce, écrivez vos scénarios, ajustez taille et stop, puis notez spread et glissement dans votre journal.





