Lundi, à l'ouverture asiatique, l'euro a légèrement reculé après un week-end d'émeutes en France. Quelques heures plus tard, Pékin annonçait une croissance meilleure que prévu. Deux titres avant le premier café, et pourtant la semaine se jouera ailleurs : à Ottawa et à Londres, sur l'inflation, à neuf jours de la Fed.

En bref

  • La Fed se réunit le 28 octobre, la BCE le 29. Les contrats à terme indiquent un statu quo de la Fed, selon Business Recorder.
  • Lundi à 14h30, l'IPC canadien de septembre : 0,2 % attendu sur un mois, après -0,1 %.
  • Mercredi à 8h, l'IPC britannique : 3,4 % attendu sur un an, après 3,1 %, avec un taux directeur de la Banque d'Angleterre à 3,75 %.

Une semaine de veille, pas une semaine de pause

Le calendrier américain est maigre et les responsables de la Fed sont entrés dans leur période de silence. Ne confondez pas calme et absence de risque. Un analyste d'InTouch Capital Markets, cité par Business Recorder, s'attend à des positions légères et à un risque élevé de titres venus de France. L'indice dollar tenait lundi matin, après avoir frôlé ses plus bas du mois.

La Chine a fourni la première donnée forte. Le PIB a progressé de 4,5 % sur un an au troisième trimestre, contre 4,4 % attendu et 4,3 % au trimestre précédent, rapporte investingLive. Les ventes au détail de septembre ont gagné 1,1 %, la production industrielle 5,5 %. L'ombre reste l'immobilier : l'investissement y a reculé de 20,6 % sur neuf mois. Pour l'aussie et le kiwi, liés à la demande chinoise, le chiffre retire une inquiétude.

Le pétrole a reculé en Asie après la levée partielle de sanctions sur l'énergie russe par Donald Trump, note investingLive. Kazuo Ueda, lui, a défendu des hausses de taux « appropriées » : le yen garde son propre moteur.

Façade de la Banque d'Angleterre sous la pluie au crépuscule

Le calendrier jour par jour

Heures de Paris, valeurs de notre calendrier économique.

JourHeurePublicationPrévuPrécédent
Lundi 1914h30Canada, IPC m/m0,2 %-0,1 %
Lundi 1914h30Canada, IPC médian a/a2,0 %2,0 %
Lundi 1914h30Canada, IPC tronqué a/a1,9 %1,9 %
Mardi 208h00Royaume-Uni, salaires 3 mois a/a3,8 %3,9 %
Mardi 2022h03Canada, budget annuel——
Mercredi 218h00Royaume-Uni, IPC a/a3,4 %3,1 %
Mercredi 2115h00Discours d'Andrew Bailey——
Mercredi 2123h45Nouvelle-Zélande, IPC t/t0,8 %1,5 %
Jeudi 2214h30États-Unis, inscriptions au chômage200 k199 k
Vendredi 238h00Royaume-Uni, ventes au détail m/m-0,2 %0,5 %
Vendredi 2315h45États-Unis, PMI flash services58,058,7
Vendredi 2316h00Michigan, confiance révisée46,346,3

Lundi, le huard face à son inflation

Les économistes ne s'accordent pas sur l'indice global canadien. TD Securities table sur une accélération de l'inflation sur un an, poussée par l'essence, d'après FXStreet. RBC attend 3 % pour le troisième mois d'affilée.

Le vrai juge, ce sont les mesures de fond suivies par la Banque du Canada : médiane et tronquée, attendues stables à 2,0 % et 1,9 %. Une surprise sur ces deux lignes pèserait davantage sur USD/CAD qu'un écart sur l'indice global.

L'économie n'aide pas le huard : l'emploi a reculé en août puis en septembre, selon RBC, avec un chômage autour de 6,5 %. Mardi à 22h03, après la clôture new-yorkaise, le budget fédéral ajoute un risque dans une liquidité réduite.

Mercredi, la livre sur le fil

Mardi, les salaires britanniques sur trois mois sont attendus à 3,8 %, après 3,9 %. Selon les prévisions mentionnées dans le calendrier, l'IPC pourrait atteindre 3,4 % mercredi, contre 3,1 % en août.

Dans sa lettre au chancelier de septembre, la Banque d'Angleterre attribuait 0,7 point de l'écart à la cible aux effets directs de l'énergie. Ses services voyaient l'inflation monter vers 3 ¾ % au quatrième trimestre et légèrement au-dessus de 4 % début 2027. Le taux directeur a été maintenu à 3,75 % en septembre.

Un chiffre conforme ne surprendrait personne. Le marché regardera l'inflation des services, plus liée aux salaires, puis le ton d'Andrew Bailey à 15h. Consultez l'impact mesuré de ses discours avant de laisser un ordre ouvert sur GBP/USD ou EUR/GBP. Vendredi, les ventes au détail britanniques sont attendues en repli de 0,2 %.

Mercredi soir, à 23h45, l'IPC néo-zélandais est attendu à 0,8 % sur le trimestre, après 1,5 %.

Vendredi, les PMI et l'euro sous surveillance

En France, l'industrie est attendue à 50,6, après 50,3, et les services à 50,8, après 51,4. En Allemagne, 53,5 pour l'industrie et 52,6 pour les services, en léger tassement. Avec la rue française agitée, un PMI des services français sous 50 donnerait un argument chiffré aux vendeurs d'euro.

Aux États-Unis, le PMI manufacturier est attendu à 55,5, après 57,0, et les services à 58,0. Vérifiez la réaction mesurée au PMI services flash avant d'y engager du risque. Le chiffre le plus sensible pourrait être ailleurs. Les anticipations d'inflation du Michigan sortaient à 4,7 % lors de la dernière lecture. Après un indice des prix à la production à 1,3 % sur un mois le 15 octobre, contre 0,6 % attendu, toute nouvelle hausse rappellerait à la Fed que l'inflation n'est pas réglée.

L'or et les cryptomonnaies n'ont pas de rendez-vous propre. Ils suivront le dollar et les taux réels. Les inscriptions au chômage de jeudi, attendues à 200 000, restent le seul test du marché du travail américain avant la Fed.

Écrire le plan avant le chiffre

Pour chaque rendez-vous qui touche vos paires, posez quatre lignes :

  • le scénario : que ferait la paire si le chiffre sort au-dessus, conforme, en dessous ?
  • la fenêtre interdite : combien de minutes sans ouvrir de position avant et après ;
  • la taille : réduite si le stop doit être élargi ;
  • les règles du compte : beaucoup de prop firms encadrent le trading autour des annonces à fort impact. Relisez les vôtres.

Le piège classique, c'est d'élargir le stop sans toucher à la taille. Le risque grimpe en silence.

Ce que votre journal doit garder

Le chiffre tombe, la bougie s'étire, vous entrez. Une heure plus tard, vous ne savez plus si vous aviez un plan.

Avant la publication, notez votre scénario et faites une capture du graphique. Après, ajoutez le spread observé, le glissement à l'exécution et l'écart entre votre plan et votre geste réel. Marquez chaque trade d'une étiquette simple : « avant annonce », « après annonce », « hors annonce ». Au bout de quelques semaines, la question n'est plus « ai-je raison sur l'IPC ? » mais « est-ce que je gagne de l'argent autour des IPC ? ».

Un trader n'a pas à deviner le chiffre. Il doit savoir, preuves à l'appui, s'il gagne de l'argent quand le chiffre tombe.

Un journal de trading avec IA comme Edgyx importe vos trades et calcule ces statistiques, et son coach Ora vous aide à les lire. Un tableur bien tenu fait aussi l'affaire. L'essentiel est de séparer les colonnes.

Ce qu'il faut retenir

  • La Fed (28 octobre) et la BCE (29 octobre) dominent l'horizon, mais elles se taisent cette semaine : le risque vient du Canada, du Royaume-Uni et de France.
  • Lundi 14h30, regardez l'IPC médian et tronqué canadien plus que l'indice global.
  • Mercredi 8h, l'IPC britannique est attendu à 3,4 %. Bailey parle à 15h.
  • Vendredi, les PMI flash et les anticipations d'inflation du Michigan referment la semaine.
  • Élargir son stop sans réduire sa taille multiplie le risque. Isolez dans votre journal vos résultats autour des annonces.